Interview de François ABIVEN

Juin,2021 | Interview RESPONSABLES ! by Adetem

Avant même de parler de Repères, tu viens de lire le manifeste de RESPONSABLES ! by Adetem, quelle est ta première réaction ?

Le manifeste est une évidence et j’y adhère totalement. La société est en train d’évoluer fortement sur toutes ces dimensions de responsabilité. Les citoyens sont bien conscients du pouvoir économique des entreprises et de leur capacité à agir. Les attentes à l’égard des entreprises et des marques sont donc très fortes et vont encore s’accentuer dans la période délicate qui nous attend, les effets du réchauffement climatique allant malheureusement devenir de plus en plus prégnants.

Le rôle premier du marketing est de mettre en lien et en concordance une entreprise et ses clients. Dès lors les marques et le marketing ne peuvent pas ne pas s’emparer de ces sujets, au risque sinon d’une distanciation délétère avec leurs clients.

 

Tu es président de Repères et tu rencontres à ce titre de nombreux marketers : la pensée « responsable » se développe-t-elle réellement dans le milieu du business ?

Très clairement, les questions de responsabilité sont de plus en plus abordées dans les demandes d’études que nous recevons : impact environnemental, alimentation plus saine, bien-être animal, approvisionnement local, RSE, marque employeur, raison d’être… sont des sujets de plus en plus fréquents.

 

Tu es aussi le patron d’une PME : en quoi cette entreprise s’inscrit-elle dans une démarche responsable ? Et surtout, quel est ton engagement personnel en faveur d’un marketing plus responsable ?

REPERES est une PME, que je co-dirige avec 3 associés, tous présents depuis plus de 20 ans : Antoine MERY, Bénédicte LUNEL et Catherine SCHUTZ. Avec en plus nos 2 associés historiques qui ne sont plus actifs dans le secteur, Christian HARDY et Marie Laurence JUAN, nous nous étions interrogés il y a 7 ans sur notre raison d’être. Nous avions travaillé sur le fond théorique The Advantage, de Patrick LENCIONI, que je vous recommande et qui amène à se poser une série de questions fondamentales. Le résultat avait alors été très édifiant et très consensuel.

Notre réponse à la question « Pourquoi existons-nous ? » a été la suivante : « REPERES existe pour faire valoir une conception singulière de l’entreprise : performante, fondée sur l’indépendance capitalistique, l’intelligence et le respect de l’individu ». Et la première de nos 3 réponses à la question « Comment réussirons-nous ? » était la suivante : « Nous réussirons en créant un environnement de confiance, fluide et pérenne pour les employés et les clients ».

C’est-à-dire que la raison d’être de REPERES est en fait REPERES elle-même, ou plutôt la création d’un environnement de travail respectueux et bienveillant, donc intrinsèquement responsable, éthique et qui ne va certainement pas mettre ses collaborateurs en porte à faux avec leurs valeurs ou les placer dans des situations absurdes où leur intelligence serait bafouée.

C’est une raison d’être assez modeste en soi, car nous ne visons pas à transformer le monde ou à dominer notre marché. Cependant elle nous permet d’impacter positivement et dans la durée sur tout notre écosystème (collaborateurs, clients, fournisseurs, partenaires…) et de ne pas avoir à transiger sur nos valeurs, ce qui est inestimable dans une vie professionnelle.

 

Quelles sont encore vos marges de progrès ? Celles de ton entreprise, et celles de ton secteur d’activité ? 

Nos marges de progrès à REPERES sont surtout dans la modernisation des process, c’est-à-dire comment s’assurer que l’intelligence des collaborateurs soit mobilisée au mieux. C’est très frustrant de constater qu’il y a encore trop de temps passé dans notre métier sur des tâches sans réelle valeur ajoutée. Nous avons plusieurs chantiers de transformation en cours mais les résultats ne sont pas aussi rapides que nous le souhaiterions.

Je n’ai pas les données suffisantes pour me positionner sur le secteur des études et du marketing en général mais plus globalement dans le monde du travail, il y a des marges de progression énormes. Je pense que nous avons tous dans notre entourage des personnes qui vivent des situations difficiles dans leur vie professionnelle : les pratiques managériales obsolètes, les cultures d’entreprise toxiques et les stratégies d’entreprise cyniques sont encore très présentes.

Le développement des enjeux de responsabilités et les salutaires mouvements de dénonciation comme MeToo et ses dérivés nous donnent tout de même de belles raisons d’être optimistes pour l’avenir !

François ABIVEN

CEO REPERES / President & Co-founder R3MSCORE

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